Les trésors du désert de Nasca, Pérou

Km 11 981

On adore Nasca! Il fait chaud et enfin on peut ressortir les shorts qu’on avait cachés au fond du sac. On avait hésité entre passer plus dans les montagnes à l’intérieur du pays ou de longer la côte depuis Nasca jusqu’à Lima. Mais à Nasca il y a bien plus de choses à voir que les fameuses lignes, donc on est très heureux d’être passé par ici.

La descente depuis l’altiplano est tellement longue qu’on doit la diviser en deux et dormir au milieu derrière une petite colline, cachés de la route. La vue est belle : Devant nous s’étend une énorme plaine avec des montagnes qui se transforment en grands dunes de sable à l’horizon. De l’autre côté de la plaine, il y a une autre chaîne de montagne, beaucoup plus petite, et encore derrière, on aperçoit la mer (ou est-ce l’imagination folle de Katrin qui interprète mal le bleu de l’horizon?). Dans tous les cas, c’est magnifique. On enchaîne les lacets de la descente jusqu’au Cerro Blanco, la plus haute dune de sable du monde. Ça nous interpelle et en tant que montagnards on a envie de la gravir. Le sable est plutôt dur et il y a même quelques herbes sèches et des cactus qui y poussent. C’est plus facile pour marcher que ce qu’on pensait. C’est en arrivant sur la crête que les choses se compliquent. Le vent a apporté du sable tout fin et on s’enfonce davantage. La vue est impressionnante, des deux côtés, on a de grands pentes de sable. La crête est longue et on doit avancer dessus pendant presque 1h. Finalement, on arrive au sommet à 2088m d’altitude et on a encore une belle vue sur la plaine. A la descente, on s’amuse comme des gamins à courir dans le sable. En arrivant à nos vélos, on a les chaussures et les chaussettes pleins de sable. On finit la descente jusqu’à Nasca et on s’installe dans le premier resto pour voir la finale de l’Euro. On est pile à l’heure pour la 2ème mi-temps. C’est l’heure du repos, on laisse enfin les montagnes derrière nous pour quelques jours!

On fait une journée de visite autour de Nasca. Même dans le désert, les incas ont laissé leurs traces, mais il y a aussi des ruines des peuples qui ont vécu avant les incas. On commence avec la visite des acqueducs incas à Cantalloc. Les incas ont creusé des canalisations sous terraines pour amener l’eau aux champs pour cultiver des fruits et légumes même dans cette zone très sèche. Pour maintenir ces canalisations, ils construisaient des puits en forme de spirale tous les 50-100m. Ainsi, ils pouvaient y accéder pour enlever des cailloux ou feuilles qui risquaient de boucher la canalisation. C’est impressionnant d’imaginer cette architecture et les puits sont jolis à voir. On continue avec deux sites de géoglyphes, Las Agujas et El Telar, des images d’aiguilles et de carreaux comme pour tisser comme indiqué par les noms des sites. On voit surtout des lignes et il n’y a pas trop d’explications, donc on continue aux ruines de Los Paredones. Contrairement aux sites incas qu’on a vu sur l’altiplano, ici la construction est faite d’adobe, des briques de terre, et non de pierre. On visite encore les acqueducs d’Ocongalla. Sur ce site, les canalisations sont à l’air libre et il y a un bassin de rétention. Le site est entouré d’arbres, c’est une vraie oasis. On met notre tente pas loin, à la frontière entre le désert et cette oasis, sous quelques arbres dans de l’herbe sec. C’est un monde entièrement différent de l’altiplano.

On prend le petit déjeuner aux premiers rayons de soleil et il fait déjà chaud, ça nous avait manqué ! Ce matin, on visite les ruines de Cahuachi dans le désert. C’est un site archéologique toujours actif, ils n’ont découvert qu’une petite partie des ruines, mais on peut déjà voir quelques pyramides d’adobe. Ce site a été construit par le peuple Nasca qui vivait dans cette région autour de l’an 0, c’est donc bien plus vieux que les sites incas que nous avons visités jusque-là. Le garde est sympa et nous explique un peu le site. Ils utilisaient ces temples principalement lors de fêtes pour vénérer les lignes de Nasca qui se trouvent sur la plaine juste de l’autre côté de l’oasis. Cahuachi est un mot de la langue quechua et signifie « je vois » – depuis les temples, ils voyaient les lignes de Nasca, mais aussi le soleil, la lune, les montagnes, le désert… Les lignes de Nasca sont notre prochain objectif. Il y en a beaucoup et la majorité ne peut être vu que depuis un avion, mais au bord de la route nationale vers le nord il y a quelques points de vue. On commence avec une petite colline d’où on voit surtout des lignes droites pointant vers la colline. Sur le flanc de cette colline se trouve le chat, une figure qui n’a été découverte qu’en octobre 2020. Un peu plus loin se trouve une tour mirador. Depuis en haut, on voit les figures des 2 mains, l’arbre et le lézard. On est surprispar la clarté des lignes et le fait que les figures soient si facilement reconnaissables. Mais le lézard est coupé en 2 par la route nationale, on se demande comment ils ont pu construire une route en plein milieu d’un site archéologique. On avance jusqu’au prochain village, une petite oasis au bord d’une rivière. C’est parfait pour camper.

Aujourd’hui, nous découvrons encore plus de géoglyphes, mais cette fois sur le flanc des collines et non parterre. En fait, ces lignes sont de la culture Paracas/Palpa qui ont vécu environ 100 ans avant les Nasca. Cette culture créait les lignes pour être vues par tout le monde, même les humains. Ils les ont donc dessiné sur les flancs des montagnes. Les Nasca créait les lignes pour vénérer les dieux, donc ils les faisaient au sol, visible uniquement depuis le ciel. Les dessins changent également: Les Nasca représentaient surtout des animaux, des formes géométriques et des lignes. Les Paracas/Palpa dessinaient aussi des personnes, par exemple des guérisseurs entourés d’animaux sacrés, comme s’ils voulaient raconter une histoire. C’est super intéressant de découvrir cet univers, mais à force de s’arrêter littéralement tous les km, on n’avance pas beaucoup. Le reste de la journée, on fonce pour rattraper le temps perdu, mais le vent super fort qui nous souffle du sable en face rend les choses compliquées. On dort dans le premier hôtel qu’on trouve, le lendemain les choses se sont heureusement calmées.

On enchaîne les passages dans le désert, entrecoupés par des oasis où se trouvent des petits villages. A Ica, la capitale régionale, on fait un petit détour à Huacachina. C’est une petite lagune entourée de dunes de sable. C’est juste dommage que l’endroit est totalement exploité par le tourisme: la lagune est entouré de restaurants et hôtels, des agences offrent des tours en voitures dans les dunes de sable et du sandboarding. On fait les derniers km en direction de la mer. En arrivant à Paracas, on est tout content de voir de nouveau l’océan, depuis le Chili on n’avait pas revu l’océan. On fait une promenade à la plage au coucher de soleil et on savoure un Pisco Sour dans l’un des nombreux bars.

Sur notre liste, on a encore une chose à cocher avant de foncer direction Lima: le parc national de Paracas. On ne fait pas le tour en bâteau vers les Islas Ballestas pour voir les lions de mer et les pingouins, on a déjà fait la même chose au Chili. Mais on fait un tour en vélo dans la partie terrestre de la réserve pour voir les plages. Partout où on regarde, il y a du sable. Il n’y a pas de délimitation entre la plage et le désert. Au bord de la mer, il y a quelques jolies falaises, en-dessous du mirador les vagues tapent sur la roche. Notre endroit préféré est la Playa Roja, une plage de sable rouge foncé qui fait un joli contraste de couleur face au bleu de l’océan et au jaune du désert.

Il nous reste 3 jours de vélo jusqu’à Lima, la majorité sur l’autoroute, donc sans grand intérêt. Mais l’une des nuits, on la passe chez Fredy, un hôte Warmshowers super sympa. On passe la soirée dans son jardin où il a planté pleins de fruits et légumes. On discute et on goûte aux vins sucrés de la région, on adore cette douceur de vivre de l’Amérique de Sud!

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