De Trujillo à l’Amazonie, Pérou

Km 13 572

Après un jour de repos à Trujillo, nous partons en direction de l’Amazonie. Mais la première surprise nous attend déjà au départ de la Casa ciclista : une famille française en tandem voyageant dans le sens inverse du nôtre. On a beaucoup de choses à se raconter et des bons plans à échanger. On décide de manger ensemble à midi et de visiter Chan Chan dans l’après-midi. La plus grande cité d’adobe de l’Amérique de Sud est richement décorée et inspirante, tout comme les conversations avec nos nouveaux amis « On prend le temps DeM ». Après un essai du tandem pour Matthieu, on se quitte, tristes que nos chemins se séparent déjà. On file vers le nord, d’abord sur une petite route entre des champs de canne à sucre, puis sur l’autoroute entre des dunes de sable. Un peu avant la ville de Chiclayo, on bifurque sur une route plus calme vers Cajamarca. C’est reparti pour faire du dénivelé. La vallée est assez verte et offre un beau spot de camping au bord de la rivière. Mais on doit monter à plus de 3200m d’altitude avant de redescendre un peu jusqu’à Cajamarca. On se retrouve dans la région des vaches laitières. Il y a pleins de yogurt et de fromage, le rêve de Matthieu. Les champs et les montagnes sont bien verts, ça nous rappelle un peu les Alpes. C’est reparti pour une nouvelle montée avant de redescendre à Celendín, où on admire le monument en forme du chapeau typique que les femmes portent ici. Encore un petit col à passer avant de redescendre à Balsas à seulement 850m d’altitude. On arrive dans une chaleur écrasante. Heureusement, il y a de l’eau de coco aux vertus rafraîchissantes et les manguiers pour nous faire de l’ombre. Il y a littéralement des tonnes de mangues à la vente dans ce petit village. Ils sont chargés dans des caisses sur des camions pour être amenés aux marchés dans tous les pays. Nous, on trouve notre bonheur par terre sous les arbres au bord de la route. Il y a pleins de fruits impeccables, sucrés et juteux à souhait ! Officiellement, on est déjà dans le département de l’Amazonie, mais il nous reste un dernier col de 2700m de dénivelé pour arriver dans la vallée de Chachapoyas, notre destination. Il n’est que 11h, mais la chaleur est écrasante, on a hâte de monter plus pour un peu de fraîcheur. On avance bien et les km défilent, puis c’est le drame : la chaîne de Kati pète. Il n’y a rien à faire, on n’a qu’à redescendre au village en espérant que quelqu’un puisse réparer la chaîne ou nous amener à Leymebamba, un village plus grand de l’autre côté de la chaîne de montagne. Le village est tellement petit, ce n’est même pas sûr qu’il y ait quelqu’un avec un vélo. Mais les motos, ils connaissent et savent les réparer. Ils n’ont pas les bons outils pour une chaîne vélo, mais ils sont inventifs. Avec une scie de métal, ils coupent le maillon cassé, ensuite ils referment la chaîne avec un clou coupés et un marteau. Ce n’est pas optimale, le clou tape à chaque passage dans la cassette et les deux premières vitesses ne sont plus utilisables, mais au moins Kati peut rouler de nouveau. Par contre ce ne sera pas possible de faire un col de 2700m de dénivelé. On fait du stop et un camion déjà bien chargé est prêt à nous amener. En notre compagnie sur l’arrière du camion, il y a une 10aine d’autres personnes, pleins de sacs et cartons et une série d’animaux : des vaches, des moutons, des porcs et un carton avec des poules. La route est très sinueuse, on se demande comment ils ont fait pour la tailler dans la roche. Depuis le haut de notre camion chargé, c’est encore bien plus flippant qu’en vélo 😱 En haut du col, on descend. On passe la nuit dans une petite cabane fermée et donc protégée du vent et du froid. Le lendemain, on fait la descente tranquillement en vélo, nous voilà dans la vallée de Chachapoyas en Amazonie.

1300m de dénivelé en descente, il y a des manières bien pire de commencer une journée de vélo. En bas, dans le village de Leymebamba, on s’offre un bon jus de fruits frais. Ensuite, on avance jusqu’au village de Yerbabuena pour manger à midi. Pour l’après-midi, on a programmé une petite randonnée aux ruines de Revash, mais la météo semble vouloir chambouler notre programme. On est au départ du chemin de randonnée sur un petit pont couvert où on a attaché nos vélos quand il commence à pleuvoir à fond. Bon, au moins nous avons un toit au-dessus de nos têtes et ça nous permet de faire une sieste. Une demie heure plus tard, ça n’a toujours pas arrêté, mais on décide d’y aller quand-même, sinon on n’aura pas le temps de revenir avant la nuit. C’est humide et boueux, mais nos imperméables nous tiennent plutôt au sec. Après une heure et demie de montée, on est juste devant les mausolées creusés et construits dans la paroi rocheuse, c’est impressionnant. Entretemps, la pluie s’est arrêtée et on peut admirer aussi la vue sur la vallée pendant qu’on fait une petite pause. Puis, c’est l’heure de redescendre. On est de retour à Yerbabuena juste avant la tombée de la nuit. Heureusement il y a un petit hôtel pour la nuit.

Aujourd’hui, nous allons visiter les ruines de Kuelap, un fort construit sur une montagne par la culture Chachapoyas entre l’année 900 et 1400. Il nous reste environ 30km jusqu’au pied de la montagne, comme c’est en vallée le long de la rivière, ils défilent vite. Pour monter aux ruines, on joue les vrais touristes en prenant le téléphérique à la place de faire la randonnée. Mais comme on a mal dormi, on n’a pas la motivation pour une marche de 10km. En plus, le téléphérique est sympa. Il traverse toute une vallée profonde et c’est le seul du Pérou, il ne fallait pas louper cette expérience quand-même 😉 Les ruines sont sur le bord d’une falaise et les seuls côtés accessibles sont entourés de murs d’une hauteur de 20m. Depuis l’intérieur, on peut voir toute la vallée et les montagnes autour. On se balade entre les restes des petites maisons rondes sur plusieurs niveaux (pour l’élite et le militaire en haut, pour le peuple commun en bas), certaines maisons ont des belles décorations de pierre. Mais la nature reprend son droit sur le site. Entre les pierres, des arbres et des herbes poussent en abondance et on croise aussi 2 alpagas. Pour nous, c’est ce qui fait le charme du site. De retour au village en bas, on mange et on fait quelques courses. Il nous reste un petit trajet dans la vallée sur lequel on prend la dose de pluie journalière. Heureusement, au moment de poser la tente, c’est de nouveau sec.

C’est déjà notre dernière journée dans la vallée de Chachapoyas. On termine avec une randonnée dans la jungle jusqu’à la cascade de Gocta. On fait encore quelques km dans la vallée à travers un joli canyon, puis on monte sur un chemin de terre jusqu’à San Pablo de Valera. Quelques courses et c’est parti. Le début du chemin passe entre des champs de café, de bananiers et de canne à sucre. Puis, on quitte l’environnement cultivé et on arrive dans une forêt tropicale en longeant le flanc de la montagne. Le chemin en pierres est bien démarqué, mais au-delà du chemin, la végétation est dense. De la mousse recouvre des arbres, des orchidées poussent sur les branches. On avance vite, on veut arriver à la cascade supérieure pour manger. On entend déjà l’eau, puis on aperçoit le bout de la cascade entre les branches. Un dernier escalier en bois super raide, puis on y est, juste devant la première chute d’eau de 230m. L’eau s’écrase sur les rochers en bas, les gouttes d’eau volent jusqu’à nous. On est tous seuls, c’est le bonheur. On fait de belles photos, puis on descend vers un point de vue juste en-dessous quand les prochains touristes arrivent. Après avoir admiré la cascade de près, on s’assoit sur un banc un peu à l’écart pour pique-niquer et admirer la vue sur la vallée. Il y a plusieurs grandes cascades dans toute la vallée. On redescend presque 2 km avant de bifurquer vers un autre point de vue : Ici, on peut admirer la cascade dans toute sa grandeur de 770m sur deux étapes (la cascade supérieure de 230m qu’on a vue de tout près et celle dessous qui tombe de 540m jusque dans la vallée). C’est donc l’une des plus grandes du monde. On pourrait rester toute la journée, mais aux premières gouttes de pluie on se met en chemin. Heureusement, on a amené nos vestes de pluie qui nous gardent au sec au retour. Dès qu’on arrive aux vélos sous le porche de la salle communale, la pluie se transforme en trombes d’eau. On a eu de la chance ! On laisse passer le pire, puis on se met en route pour les derniers km dans la vallée jusqu’à Pedro Ruiz Gallo. En résumé: Le séjour en Amazonie était pluvieux, mais on l’a adoré !

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